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  • Général Marbot

    Jean-Baptiste Marbot

    Né le 18 août 1782 à Altillac (Corrèze)
    Mort le 16 Novembre 1854 à Paris

    Jean Baptiste Antoine Marcellin de Marbot :

    Issu d’une famille de noblesse militaire du Quercy, il s’engage en 1800 comme volontaire au 1er régiment de hussards Bercheny.
    Nommé lieutenant, un mois après, il participe à la bataille de Marengo et au siège de Gênes.
    Successivement aide de camp d'Augereau, de Lannes et de Masséna (1809), il gravit les échelons de la hiérarchie militaire dans les états-majors, pour être nommé colonel en 1812, et placé à la tête du 23e régiment de chasseurs à cheval, avec lequel il fait les campagnes de Russie et d'Allemagne.
    Durant les Cent-Jours, il rallie Valenciennes à l'Empereur et contraint le gouverneur, le général Jean-Louis Dubreton, qui voulait livrer la ville aux Anglais, à lui remettre la ville.
    À la tête du 7e de Hussards, Napoléon le nomme général de brigade la veille de la bataille de Waterloo.
    Le chef d'escadron Dupuy, arrivé au régiment le 1er mars 1815, raconte:
     "Je fus reçu avec amitié par le colonel Marbot, dont la figure ouverte et franche, les allures et le ton militaire, m'inspirèrent promptement attachement et confiance."
    Plus loin, Dupuy qualifie Marbot de "homme de tête et de cœur".
    Proscrit par l'ordonnance royale du 24 juillet 1815, Marbot se met à écrire.
        
    Les Mémoires de Marbot, publiées en 1820, constituent un remarquable témoignage sur l'épopée napoléonienne.
    Dans son testament, Napoléon destinait un legs à Marbot pour l'encourager "à continuer à écrire pour la défense et la gloire des armées françaises et à en confondre les calomniateurs et les apostats".
    Nommé général en 1830, il suit le prince royal, comme aide de camp, au siège d’Anvers et dans les campagnes d’Afrique.
    Commandeur de la Légion d'honneur le 21 mars 1831, Marbot fut nommé, grand officier.
    Passé en Algérie, il assiste à l'expédition de Mascara en 1835 puis à celle des Portes de Fer en 1839 et à la prise de Mouzaïa en 1840.
    Créé pair de France en 1845, il est admis à la retraite en 1848, et il meurt à Paris le 16 novembre 1854.
     
     

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  • Général Cervoni

    JEAN BAPTISTE CERVONI

    Né en Corse le 29 Août 1765 à Soveria
    Mort à Eckmühl le 23 Avril 1809

    Jean-Baptiste Cervoni, nait le 29 août 1765,  où il  reçut une éducation soignée.
    Les sciences, les lettres, la poésie surtout, occupèrent et embellirent l'imagination la plus brillante et le caractère le plus aimable.
    Son goût pour les armes lui fit quitter l'université de Pise, où son père, lui faisait étudier la jurisprudence.
    Il s’engagea  dans le régiment d’infanterie de Royal-Corse le 10 Juillet 1783, comme simple soldat.
    En 1792, il intègre le régiment de Royal-Navarre-cavalerie avec le grade de sous-lieutenant.
    Lors du fameux siège de Toulon, il se distingua par son talent, son courage et son activité.
    Il y fut pourtant blessé à la cuisse et au bras.
    Il donna de nouvelles preuves de son courage aux batailles de Castiglione, d'Arcole, de Rivoli, et au siège de Mantoue. Élevé au grade de général de division, il fit partie, peu de temps après, de l'armée destinée à l'invasion de Rome, et fut chargé, par le général Berthier, lors de l'insurrection de cette ville, d'annoncer au pape Pie VI que le peuple avait changé la forme du gouvernement.
    En Janvier 1800, après avoir commandé les neufs départements réunis de la Belgique, il obtient le commandement de la 23eme division militaire, puis celui de la 8ème , composée des départements des Bouches du Rhône, des Basses-Alpes, des Alpes Maritimes, du Var et du Vaucluse.
    A ce poste, important et honorable, le Général Cervoni déploya beaucoup de sagesse  et de fermeté. Il sut faire respecter les lois et s’attira l’estime de ses administrés.
    Créé membre et commandant de la Légion d'honneur, le général Cervoni se fatigua du repos auquel il se voyait condamné.
    En 1809, Il  sollicita  l'Empereur,  pour un commandement à la grande armée d'Allemagne, dirigée par le Maréchal Lannes.
    Il venait d'être nommé chef d'état-major, lorsque, le 23 avril de la même année, un boulet de canon termina sa glorieuse carrière sur le champ de bataille d'Eckmühl.
    Il emporta avec lui les regrets de l’armée qui le considérait, à juste titre, comme un de ses officiers  les plus distingués.
    La statue de Cervoni devait être placée sur le pont de la Concorde, avec celles des grandes illustrations nationales françaises, suivant le vœu émis par Napoléon Ier en 1810, mais les événements politiques empêchèrent la réalisation de ce projet.
    Son nom est gravé sur l'arc de triomphe de l'Étoile, côté Est et son buste, d'après Pietro Cardelli, orne la galerie des batailles du château de Versailles.


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  • Général Manhès


    Charles Antoine Manhès

    né en 1777 à Aurillac,
    Mort en 1854 à Naples

    Charles Antoine MANHES
    Fils d’un Procureur d’Aurillac, il s’engage avant ses quinze ans à l'École de Mars dans l’artillerie.
    Nommé lieutenant en 1799, il fait les campagnes d’Italie sous les ordres de Masséna, Berthier.
    Charles Antoine est un neveu de Milhaud dont il fut l'aide de camp de 1801 à 1807.
    Il fut ensuite aide de camp du Maréchal Murat qu'il suivit à Naples et qui a dit de lui :
     "C’est un des officiers les plus braves que je connaisse."
    Lorsque Murat fut désigné par Napoléon pour occuper le trône de Naples, Manhès le suivit dans son royaume et ne tarda pas à en recevoir des marques d'une faveur peu commune.
    Le 4 septembre 1809 il reçut sa nomination de général de brigade, et celle de Commandeur de l'ordre royal des Deux-Siciles en 1810.
    Un mariage princier lui a ouvert les portes de l'aristocratie napolitaine.
    Désirant détruire  le brigandage dans la Basilicate et la Calabre, le roi Joachim chargea le général Manhès de cette  mission spéciale.
    Les mesures  qu’il employa pour faire revenir l’ordre lui donnèrent une réputation de violence et de dureté.
    En 1811, Le roi Joachim le fit général de division et lui donna une dotation dans la Calabre avec le titre de comte.
    Il devint premier inspecteur général de gendarmerie en 1812.
    Pour se défaire des Carbonari en 1813, le roi Joachim charge encore une fois Manhès de cette mission et il s'en acquitta avec la même inflexibilité.
    Pour prix de ce service il fut nommé grand dignitaire de l'ordre des Deux-Siciles.
    Lorsque Joachim eut signé un traité avec l'Autriche, un décret du grand juge renvoyait dans leur patrie tous les Français au service du roi de Naples.
    Le général Manhès refusa d'obéir et fut chargé d’un commandement contre l’Autriche.
    Manhès n'attendit pas l'issue de cette guerre pour rentrer en France. Il arriva à Marseille où commandait le général Brune .
    Ses offres de service aux Bourbons furent agréés; il fut maintenu au service et fut nommé, en 1827, inspecteur général de gendarmerie .
    10 ans plus tard, il retourna à Naples, et reçut un très brillant accueil de la cour.
     
    Conservé sur les cadres de disponibilité, il espéra longtemps un emploi qu'on lui refusa toujours.

    Le général Manhès fut laissé à la retraite ; il avait été nommé précédemment commandeur de la Légion d'honneur.
     

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  • Général de Saint-Hilaire

    Louis Charles Vincent Le Blond de Saint-Hilaire,

    Né en 1766  à Ribernont
    Mort au combat en 1809 à Vienne

    Fils d’un capitaine de cavalerie, Louis Vincent Joseph LEBLOND DE SAINT HILAIRE, s’engage comme cadet au Régiment de Conti le 13 septembre 1777 et, à 14 ans, il s’embarque pour les Indes Orientales.
    En 1783 il est nommé sous-lieutenant au Régiment d’Aquitaine, puis lieutenant en juin 1788 et capitaine en juillet 1792.
    Durant le siège de Toulon, il commande une partie de l’avant garde et rencontre le général Bonaparte qui le remarque et le nomme chef de bataillon.
    Il se faisait remarquer par son caractère chevaleresque ; il était aimable , bon camarade, et bon frère.
    Affecté à l’Armée d’Italie, il participe à de nombreuses actions, se couvre de gloire et devient en août 1794, chef de brigade.
    Il perd en 1795, il est blessé à la bataille de Roca Barbarena.
    Il sera encore blessé aux jambes lors de la bataille de Bassano et Mantoue.
    Après avoir commandé la 8eme Région militaire à Marseille, il est nommé général de division le 27 Décembre 1799.
    Saint-Hilaire se joint à Suchet pour repousser l’invasion et préparer la campagne projetée par le Premier Consul.
    Pour le remercier de son action d’éclat, le 26 décembre 1805, Napoléon, le fait Grand-Aigle de la Légion d’honneur.
    En Octobre 1806, Il participe à la terrible bataille d’Eylau.
    En en 1809, sa division est mise aux ordres du maréchal Davout. Celui-ci rend compte à l’Empereur : « Je ne puis trop vous faire l’éloge de ce général (Saint-Hilaire) ».
    Il participe au combat de Tengen en repoussant avec le Général Friant les assauts des 60.000 Autrichiens de l’archiduc Charles.
    On l'appelait le  Chevalier sans peur et sans reproches, faisant allusion à Bayard.
    Il mourut des suites de la perte de son pied gauche emporté par un boulet à la bataille d'Essling .
    Napoléon Ier fit déposer son corps au Panthéon avec celui du maréchal Lannes.
    Le nom du général comte de Saint-Hilaire est inscrit au côté sud de l’Arc de Triomphe.
    Il figure également sur une des seize tables de bronze de la galerie des batailles du Château de Versailles.
    Louis de Saint Hilaire fit construire un château que l'on peut visiter à Soisy-sur-Seine, rue de l'Ermitage, dans l'Essonne.

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  • Général Lejeune

    Louis-François Lejeune


    Né le 3 février 1775 à Strasbourg
    Mort le 29 février 1848 à Toulouse

    Louis-François Lejeune est un peintre, graveur et militaire français de la période du Premier Empire.

    Il étudie la peinture chez Pierre-Henri de Valenciennes avec Jean-Victor Bertin mais quitte l'atelier et part comme volontaire en 1792 dans la compagnie des Arts de Paris. Il reçoit son baptême du feu à la bataille de Valmy en 1792. Nommé sergent au 1er bataillon de l'Arsenal, il passe en 1793 dans l'artillerie à La Fère, assiste aux sièges de Landrecies, du Quesnoy et de Valenciennes, où il devient aide-de-camp du général Jacob puis fait, en qualité de lieutenant-adjoint au génie, les campagnes de 1794 en Hollande et de 1795.
    Appelé en 1798 au dépôt de la guerre, il réussit brillamment ses examens et se voit nommé capitaine-adjoint au corps du génie. Il devient aide-de-camp du maréchal Berthier en 1800 et le reste jusqu’en 1812.
    Il participe à ce titre à pratiquement toutes les campagnes des guerres d’Empire, notamment en Espagne, où il sera blessé et fait prisonnier. Capitaine après Marengo, chef de bataillon après Austerlitz, il est chevalier de la Légion d'honneur et colonel au siège de Saragosse.
    En 1812, lors de la campagne de Russie, il est nommé général de brigade et chef d’état-major de Davout. Victime de gelure au visage, il quitte son poste lors de la retraite de Russie et est mis aux arrêts sur ordre de Napoléon Ier.
    Libéré dès mars 1813, il est d'abord affecté dans les provinces illyriennes, puis rejoint à nouveau l’armée, sous les ordres du maréchal Oudinot, dont il devient le chef d'état-major. Pendant la campagne de Saxe, le général Lejeune est présent à la bataille de Lützen, au passage de la Spree, à Bautzen, etc. Il est nommé officier de la Légion d'honneur et commandeur de l'ordre de Maximilien de Bavière.
    A nouveau plusieurs fois blessé, dont la dernière à Hanau, il est autorisé à quitter l’armée en novembre 1813, après plus de vingt ans de services. Il se consacre alors à la peinture.
    Nanti d'une première dotation en Hanovre en 1808, d'une seconde en Westphalie en 1810, il est fait baron d'Empire la même année.
    Déjà titulaire de la croix de l'ordre impérial de Léopold, le général Lejeune est fait chevalier de Saint-Louis par Louis XVIII, et, en 1823, commandeur de la Légion d'honneur. Il reprend du service dans l’armée, devenue royale, de 1818 à 1824. Il est encore commandant de la Haute-Garonne en 1831.
    En 1837, il devient directeur de l’École des beaux-arts et de l’industrie de Toulouse, ville dont il devient maire en 1841.
    Lejeune n'avait pas oublié ses pinceaux sur le champ de bataille, et l'amour des arts ne l'avait pas abandonné. On a de lui un assez grand nombre de tableaux d'histoire très estimés. On distingue surtout le tableau de la bataille de Guirando, qui parut en 1819 et eut un succès prodigieux, et le tableau de la bataille de la Moskowa, le chef-d'œuvre de l'auteur. Il reste principalement connu pour ses tableaux de scène de batailles pleins de vigueur qui allient vérité historique et composition artistique, réalisés à l’aide de croquis pris sur le vif durant les combats.
    On lui attribue généralement l’introduction, en France, de la lithographie qu’il avait vu utiliser à Munich dans l’atelier de son inventeur, Aloys Senefelder, en 1806.
    Il meurt à Toulouse le 29 février 1848 à l’âge de 73 ans d’une crise cardiaque.
    Son nom est gravé sur l’Arc de Triomphe

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  • Général Marchand


    Jean Gabriel Marchand
    Né le 10 décembre 1765 à  l'Albenc en Isère
    Mort le 12 novembre 1851 à Saint-Ismier en Isère

    Avocat à Grenoble en 1789. Il commande en 1791 une compagnie d'éclaireurs du 46e bataillon de l'Isère, se distingue dans la campagne de Savoie, assiste au siège de Toulon, est attaché comme adjoint à l'état-major du général Cervoni et se lie avec Joubert.
    En novembre 1795, à la bataille de Loano, le colonel Lannes, le capitaine Marchand et 200 grenadiers prennent en un instant une redoute armée de six pièces de canon et défendue par 1200 grenadiers hongrois. Ces deux braves tournent aussitôt les canons contre leurs ennemis et contribuent ainsi grandement à la victoire des Français. Le capitaine Marchand, complimenté par Scherer, est nommé chef de bataillon.
    Fait prisonnier le 14 juin 1797, il est nommé colonel et échangé sur-le-champ. Marchand sert quelque temps comme commandant de la place de Rome en 1798 sous les ordres de Gouvion-Saint-Cyr et subit une disgrâce passagère. Avant de partir pour l'Italie, Joubert le prend pour aide de camp. Il participe ainsi à la bataille de Novi.
    Le premier Consul ayant nommé Marchand général de brigade, lui confie d'abord le commandement de l'Isère, puis l'envoie au camp de Boulogne commander une brigade de la division Dupont qui s'illustre en 1805 à la bataille d'Haslach et de d'Albec.
    Nommé général de division le 24 décembre 1805, il assiste à la bataille d'Iéna et à la prise de Magdebourg.
    Le 4 juin 1807, 80 000 Russes attaquent les hommes commandés par Ney. Sous ses ordres, le général Marchand, se signale en protégeant le passage du pont de Deppen.
    A la bataille de Friedland, la division Marchand, sans être arrêtée par le feu épouvantable de l'artillerie, se dirige l'arme au bras sur le clocher de la ville qu'elle parvient à occuper.
    Le 13 juillet 1807, Marchand est décoré du grand aigle de la Légion d'honneur, passe en Espagne où il y fait quatre campagnes.
    Il commande une division pendant la campagne de Russie, est souvent nommé dans les bulletins officiels, surtout aux journées de Valentino et de la Moskowa.
    Louis XVIII le confirme dans son commandement de la 1re subdivision de la 7e division à Grenoble. Il tente de s'opposer au retour de Napoléon en mettant la ville de Grenoble en état de défense. Mais le ralliement de La Bédoyère qui commande le 5e régiment d'infanterie de ligne ruine son projet, et le 7 mars 1815, la ville ouvre ses portes à Napoléon que Marchand refuse de servir à nouveau. Il se retire au Fort Barraux.
    Au retour du roi, il reprend son commandement. Accusé d'avoir livré Grenoble sans défense à Napoléon, il est destitué le 4 janvier 1816 et traduit, à Besançon, devant un conseil de guerre. Il est finalement acquitté après six mois de débats.
    Il reprend du service à la Révolution de Juillet, avant d'être mis définitivement à la retraite le 11 juin 1832.
    Par ordonnance du 3 octobre 1837, il est nommé Pair de France.
    Il occupa également les fonctions de Maire de Saint-Ismier en Isère où il mourut le 12 novembre 1851
    Jean-Gabriel Marchand est inhumé au cimetière Saint-Roch de Grenoble.
    Son nom est inscrit sur l'arc de triomphe de l'Étoile.

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  • Général Frère

    Bernard Georges François Frère
    Né le 2 octobre 1764 à Montréal (Aude)

    Mort le 16 février 1826

    Il était pharmacien au commencement de la Révolution française. Entré au service en 1791, il mérita deux ans après le commandement du 2e bataillon de l'Aude.
    Les armées des Pyrénées et d'Italie où il fit les campagnes qui précédèrent le traité de Campo-Formio furent témoins de sa valeur. Il fut blessé aux redoutes de Sezia, à l'entrée dans le Piémont. Chef de bataillon à la 1ère demi-brigade de ligne, il fut encore blessé au combat de Bassano, en 1796, lorsque ce régiment se précipitant sur les pièces qui défendaient le pont de la Brenta, les enleva, passa le pont et pénétra dans la ville malgré la résistance opiniâtre des bataillons de grenadiers, élite de l'armée autrichienne. Le général Napoléon Bonaparte cita honorablement le commandant Frère dans son rapport au Directoire et le fit colonel de son régiment. Il passa en cette qualité à l'armée de l'Ouest, en Hollande, à l'armée du Rhin, qu'il quitta pour venir commander la Garde des consuls. Promu le 12 septembre 1802 au grade de général de brigade, il fit partie du corps d'armée qui s'empara du Hanovre en 1803.
    Il combattit en Autriche, en Prusse et en Pologne, dans les campagnes de 1804 à 1807, et fut cité avec distinction dans les bulletins de l'armée. Le général contribua à la prise de Lubeck et entra un des premiers dans cette place. Dans la campagne de Pologne, il fut chargé de défendre le passage important du pont de Spanden, sur la Passarge ; sept fois la droite des alliés, forte de dix mille hommes, marcha sur les retranchements, et sept fois elle en fut repoussée par le général Frère qui n'avait avec lui que le 27ème régiment d'infanterie légère et quatre pièces de canon. Cette défense qui coûta à l'ennemi plus de mille hommes, eut lieu le 5 juin 1807 et fut un des plus brillants faits d'armes de la campagne. Le général Frère reçut l'année suivante le titre de comte de l'Empire, la croix de commandeur, le grade de division: le 6 mars 1808, et un commandement en Espagne.
    Le 7 juin il marcha sur Ségovie, et arrivé à un quart de lieue de cette ville, il envoya un parlementaire pour inviter les magistrats à faire rentrer les insurgés dans le devoir. Les Espagnols, forts de cinq mille hommes et soutenus par trente pièces d'artillerie, ayant accueilli le parlementaire à coups de canon, le comte Frère ordonna aussitôt l'attaque.
    La place fut emportée de vive force ; beaucoup d'Espagnols périrent dans le combat, un grand nombre furent pris et l'on s'empara des canons.
    Le général Frère prit part au siège de Saragosse en qualité de chef d'état-major du maréchal Lannes, avec lequel il retourna en Autriche. Il y donna des nouvelles preuves de valeur et de talent, et fut grièvement blessé à la bataille de Wagram.
    De retour dans la Péninsule, il se signala encore aux sièges de Tortose et de Tarragone, revint en France en 1813, fut appelé au commandement de la 13e division (Rennes), et ensuite de la 46ème à Lille.
    Après la première Restauration, le comte Frère fut nommé chevalier de Saint-Louis, demeura à peu près inactif pendant les Cent-Jours, et n'en perdit pas moins son commandement.
    Il mourut, le 16 février 1826. Son fils unique fut tué en duel.
    Son nom est gravé sur l'arc de triomphe de l'Étoile ; côté Sud.

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  • Général Andréossy


    GENERAL Antoine François, comte d'Andréossy,

    Né le 6 mars 1761 à Castelnaudary
    Mort le 10 septembre 1828 à Montauban

    Après de fortes études au collège royal de Sorèze, il entre à l'école d'artillerie de Metz, d'où il sort major de sa promotion le 30 juin 1781, avec le grade de lieutenant d'artillerie, et, à ce titre, choisit le régiment d'Auxonne.
    Il fit avec son premier grade, en 1787, la campagne de Hollande.
    En dépit de ses connaissances étendues et des recherches qu'il poursuivait sur l'emploi des bombes pour la défense des places, il ne fut nommé capitaine que le 15 mai 1788. Il ne se présenta pour lui aucune occasion de se distinguer jusqu'en 1789.
    Passé à l'armée d'Italie, commandée par le général Bonaparte, il fut choisi par le général en chef comme directeur du service des ponts.
    En 1798, il est envoyé en Égypte, où il dirige les équipages de pont. Il participe à la bataille des Pyramides, et fait partie, le 1er août, de la première promotion du nouvel Institut d'Égypte, dans la section de mathématiques, où siège également Bonaparte.
    Bonaparte, qui avait saisi le pouvoir et qui n'était point ingrat, récompensa Andréossi en le nommant, chef de l'état-major-général de la 17e division militaire, général de division le 5 janvier 1800, chef de la 4e division du ministère de la Guerre (créée exprès pour lui, il se trouva diriger en fait l'administration de l'artillerie et du génie). Il joignit bientôt à son administration le titre de commandant de l'artillerie de Strasbourg, et le grade de général de division. Il fut appelé, en août 1800, au commandement de la place de Mayence.
    Le 16 février 1801, lors de la paix de Lunéville, le général Andréossy fut chargé d'arrêter les bases du plan de défense pour toute la rive gauche du Rhin, et le 10 août 1802, le Premier consul lui confia la direction générale du dépôt de la Guerre.
    Revenu en France après la rupture avec l'Angleterre, il fut nommé, le 18 mai 1803, inspecteur-général de l'artillerie et commandeur de l'Ordre de la Couronne de fer. En sa qualité d'inspecteur, il fit la première partie de la campagne d'Autriche (1805), se trouva à la bataille d'Austerlitz, jusqu'à la prise de Vienne où il resta comme commissaire de l'Empereur (ministre plénipotentiaire) pour les compléments du traité de Presbourg et, ensuite, comme ambassadeur, à la place du comte de La Rochefoucauld démis de ses fonctions. Il séjourna à Vienne jusqu'en 1808, mais ne put conjurer la rupture des relations avec le gouvernement autrichien.
    Napoléon Ier, toujours plus touché du rôle et de l'habileté qu'il montrait dans tous les postes qu'on lui confiait, ne cessait de le combler de toutes sortes de dignités et d'honneurs. Le 14 août, il le fit grand aigle de la Légion d'honneur, et le 14 octobre 1810, grand-chancelier de l'Ordre des Trois-Toisons d'Or. En février 1810, il l'appela au conseil d'État et lui confia la présidence de la section de la guerre.
    Louis XVIII accueillit le comte Andréossi et le décora de la croix de Saint-Louis le 13 août 1814.
    Commandeur de l'ordre de Saint-Louis le 1er mai 1821, il fut élu, le 13 décembre 1824 académicien libre de l'Académie des sciences
    Alors qu'il retournait à Castelnaudary après la session législative, il mourut le 10 septembre 1828, à Montauban, d'une « fièvre cérébrale ». Il fut inhumé au cimetière de l'est de sa ville natale.
    Son nom est gravé sous le pilier Sud de l'arc de triomphe de l'Étoile.

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  • Général Broussier


    Jean-Baptiste Broussier, général de division

    Né à Ville-sur-Saulx le 10 mars 1766

    Mort le 13 décembre 1814 à  Bar –le-Duc

    Destiné à l'état ecclésiastique, il s'enrôla, en 1791, dans le 3ème bataillon de la Meurthe, et y fut nommé capitaine en septembre par les volontaires de la Meuse. Il fit ses premières armes sous Beurnonville dans les campagnes du Nord ; il fut grièvement blessé à l'affaire de Vavrin.
    Nommé chef de bataillon, il rejoignit l'armée de Sambre-et-Meuse où, étant chargé de la défense d'un poste important, il fut atteint d'une balle à la tête.
    En 1797, Broussier passa à l'armée d'Italie, où il fut nommé chef de brigade au 43e régiment d'infanterie de ligne. Il se distingua lors de la prise de La Spezia, pénétra un des premiers dans le fort de Chiusa et fit prisonnier de sa main le général autrichien. Nommé chef de brigade en mars 1797 à la suite de ces actions d'éclat, il fut employé à l'armée de Naples, puis chargé de diriger une expédition dans les Apennins.
    Promu par Championnet au grade de général de brigade, il concourut en cette qualité à la conquête de Naples, détruisit entièrement l'armée du cardinal Ruffo, soumit toute la Pouille insurgée, et s'empara, après des assauts meurtriers, des villes de Trani et d'Andria qu'il réduisit en cendres.
    Il continua à servir avec beaucoup de distinction en Italie, jusqu'en 1803, époque où il fut nommé commandant d'armes de la place de Paris.
    Élevé en 1805, au grade de général de division, Jean-Baptiste Broussier devint grand officier de la Légion d'honneur le 21 juillet 1809, puis comte de l'Empire en octobre de la même année. Il retourna en Lombardie cette même année, y déploya encore autant de valeur que d'habileté, et eut une grande part à la bataille de Wagram.
    Il se distingua encore lors des campagnes de Russie et de Saxe. Aussitôt après les désastres de 1813, il prit la tête de la 3ème division du corps d'observation de Mayence. Il vint s'enfermer à Strasbourg, dont l'Empereur lui avait confié le commandement. Il allait prendre, l'année suivante, celui du département de la Meuse, lorsqu'il fut atteint d'une apoplexie foudroyante qui mit fin à sa carrière, le 13 décembre 1814, à Bar-le-Duc.

    Son nom est inscrit sur l'Arc de triomphe de l'Étoile, colonne 07, côté nord

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  • Général Brayer

                      
    Michel Silvestre Brayer
    Né le 31 décembre 1769 à Douai (Nord)

    Mort le 28 novembre 1840 à Paris

    Soldat au régiment suisse de Reinhart, le 20 avril 1782 ; adjudant-major, le 23 décembre 1793 dans le 3e bataillon de Puy-de-Dôme
    Après s'être distingué aux affaires d'Emeding, en Brisgau, de Reichenau, le 6 mars 1799, et à plusieurs autres, le premier Consul le nomma chef de bataillon à la 103e demi-brigade, le 31 juillet 1800.
    Le 8 avril 1803 Ney, alors général en chef et ministre plénipotentiaire en Helvétie, lui fit décerner un sabre d'honneur, accompagné d'un certificat conçu dans les termes les plus honorables, surtout à propos de sa conduite à la bataille de Hohenlinden.
    Brayer fut nommé major du 9e régiment d'infanterie de ligne, le 21 décembre 1804, et membre de la Légion d'honneur en 1805; il fit la campagne d’Autriche, comme commandant de la 2e demi-brigade d'élite.
    Commandant d'avant-garde du maréchal Lefebvre, en 1806 et 1807, il se distingua au siège de Dantzig, à la prise de l'île de Nehrung, où il reçut la croix d'officier de la Légion d'honneur ; il contribua au succès de la bataille d'Heilsberg, fut grièvement blessé à la bataille de Friedland.
    Passé à la 1re division du 2e corps de l'armée d'Espagne, en 1808, il se signala à la bataille de Burgos et fut nommé commandeur deux jours après.
    Général de brigade, le 26 mars 1809, il contribua puissamment à la prise du camp retranché sous les murs d'Oporto, se distingua à la bataille d'Ocaña, et à tous les combats qui eurent lieu dans la Sierra Morena. À la tête de deux régiments, il enleva la position de Pêna-Peras, regardée comme la clef de l'Andalousie.
    Le 15 août 1811, il fut créé baron de l'Empire avec une dotation de 6 000 francs.
    Général de division après la bataille de Dresde, où il fut blessé, il se trouva aux différents combats qui se livrèrent devant Leipzig. Dans la bataille du 19 octobre, un boulet tua son cheval et le blessa à la cuisse.
    En 1814, il fit partie du corps d'armée du duc de Tarente, et se distingua particulièrement le 4 février à Châlons, à Montmirail, à la Ferté, à Bar-sur-Seine.
    Mis en non-activité après l'abdication ; une ordonnance royale du 8 juillet le nomma chevalier de Saint-Louis.
    A l'entrée de Napoléon Ier à Lyon, le 10 mars1815, le général Brayer, commandait cette place; il en partit le lendemain avec la division et passa le 22 mars la revue de l'Empereur sur la place du Carrousel. Commandant d'une des divisions de la Jeune Garde, il se rendit le 18 mai à Angers avec deux régiments, et sa conduite, dans cette ville, fut à la fois ferme et prudente. Créé chambellan de l'Empereur, gouverneur de Versailles et de Trianon, pair de France et comte de l'Empire avec dotation de 4 000 francs, il prit une part active aux opérations du général Lamarque dans la Vendée.
    Grand officier de la Légion d'honneur en 1830, et pair de France en 1832, il remplit les fonctions d'inspecteur général de l'infanterie en 1833, 1834, 1835.
    Admis dans le cadre de vétérance, le 30 septembre 1835, il reçut la grand-croix de la Légion d'honneur, le 15 février 1836, et fut mis en non-activité.
    Le général Brayer avait été compris dans le testament de Napoléon pour une somme de cent mille francs.
    Son nom figure sur la partie ouest de l'arc de l'Étoile.




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  • Général Kellermann de Valmy

    François Etienne KELLERMANN

    Il est très difficile d’être le fils d’un homme aussi célèbre que celui du Maréchal Kellermann qui reçut de Napolèon le titre de sénateur, grand cordon de la Légion d’Honneur, duc de Valmy, Pair de France aux Cents Jours, il reste à l’écart des événements.
    François-Etienne ébloui par la carrière exceptionnelle de son père ne se sent pas prêt à suivre la même route. Cependant, il s’engage au régiment-colonel de hussards comme simple sous-lieutenant. Il est nommé lieutenant en 1792 puis capitaine.
    Il est employé à l’armée des Alpes après avoir été simple aide de camp de son père qui le fait engager dans l’armée d’Italie ; on le retrouve à côté de Bonaparte sur le pont d’Arcole puis à Rivoli, mais son grand fait d’armes, sous le commandement de Murat, fut la terrible charge qu’il dirigea de sa propre initiative et qui lui attribua sans équivoque la victoire de Marengo le 14 juin 1800, Bonaparte lui-même lui reconnut « des preuves de bravoure et de talents dans toutes les occasions ». Il y gagna grâce à cet exploit les trois étoiles de général de division.
    Bien sûr, il est présent à Austerlitz où il est blessé. Puis on le retrouve au Portugal aux côtés de Junot où il obtient la capitulation de Sintra en août 1808. Il reste en Espagne de 1809 à 1811. A Valladolid on lui demande des explications sur les sommes qu’il avait levées sur cette ville : il eut cette réponse sublime « Croyez-vous que j’avais passé les Pyrénées pour changer d’air? ».
    Il se bat encore en Allemagne en 1813, et malgré une santé précaire il participe encore à la Campagne de France, après s’être illustré à Wachau en tant que commandant la cavalerie du maréchal Ney. Il se rallia aux Bourbons, mais rejoignit Napolèon aux Cents-jours.
    Il charge aux Quatre-bras et à Waterloo, où il est à nouveau blessé.
    A la chute de l’Empire, Louis XVIII reconnaissant sa valeur militaire et sa grande bravoure, le fait Pair de France, à la mort de son père, et Duc de Valmy.
    En 1828, il devient membre du conseil supérieur de la guerre. Il se rallie à Louis-Philippe et il est un des cinq Pairs de France qui participe au procès des ministres de Charles X où il réclame la peine de mort.
    Il demeure en activité jusqu’en 1831 où il est mis en disponibilité, sa santé déclinant rapidement. Le courageux Kellermann avec sa bravoure et son impétuosité exemplaires ne put cependant empêcher la mort de l’emporter le 2 juin 1835, avec cette auréole de gloire immortelle de la célèbre victoire de Marengo qui aida sans aucun doute à la réputation du général Bonaparte, qui malgré l’initiative personnelle de son subordonné, restait néanmoins son chef hiérarchique…


    Ph. Reignat

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  • Général Gourgaud

    GENERAL COMTE GOURGAUD

    C'était un fidèle indéfectible de Napoléon au point d'ignorer les fautes de son maître.
    Il était alors jeune, vif et sémillant, mais avec un aspect tranchant et autoritaire.
    Il avait vingt trois ans lorsqu'il fut blessé à Austerlitz, et toute l'armée admirait sa bravoure et son esprit chevaleresque.
    L'Empereur le prend comme officier d'ordonnance et il participe à la campagne de Russie ;
    Il entre le premier au Kremlin, après avoir traversé deux fois à la nage le gué de Studianka. Ce courageux officier, presque inconscient des risques qu’il prenait, admiré de l’Empereur qui le fait chef d’escadre et premier officier d’ordonnance, grade suprême des membres du petit Etat-Major. C’est pour lui que Napoléon crée ce grade qui n’existait pas auparavant. A la bataille de Brienne, il tue à bout portant un cosaque qui pointait sa lance sur l’Empereur.
    Le 12 mars 814, ce fait d’armes lui vaut le grade de colonel qui est confirmé par Louis XVIII revenu au pouvoir ; ceci crée une disgrâce passagère, où le brave Gourgaud menaçait de se brûler la cervelle si l’Empereur ne voulait le recevoir. Sa conduite exemplaire lui obtint son pardon, et il reçut la confirmation de son grade de colonel et son titre unique de premier officier d’ordonnance le 3 avril 1815.
    Le 21 juin il prend le titre de maréchal de camp. Après Waterloo il reste fidèle à son maître et l’accompagne à Sainte-Hélène, renonçant à des affectations prometteuses, dans un sentiment de reconnaissance et d’une admiration pure et complètement désintéressée. Après la mort de Napoléon, il est nommé aide de camp de Louis Philippe, et inspecteur général de l’artillerie.
    Il est fait pair de France en 1841 et s’occupe du retour des cendres de Napoléon. Grâce à lui et aux souvenirs qu’il a écrits, nous avons la taille exacte de l’Empereur, soit cinq pieds deux pouces français, ce qui correspond à peu prés à un mètre soixante huit.
    Notre héros se lance ensuite dans la politique et devient député des Deux-Sèvres à la législative de 1849. Mais il ne faudra jamais oublier que son titre de baron d’Empire lui avait été décerné pour avoir neutraliser une mine qui devait faire sauter l’Etat-Major de la Grande Armée au Kremlin. C’était un fidèle et un brave qui mourut à Paris le 21 juillet 1852.

    Ph. Reignat 

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  • Général Bertrand

    GENERAL BERTRAND

    La ville de Châteauroux peut s'enorgueillir d'avoir vu naître Henri Gatien Bertrand,considéré par Napoléon comme le meilleur "ingénieur de l'Europe !".
    Il commence sa carrière militaire comme garde national et combat aux côtés des Suisses, contre les émeutiers révolutionnaires, pour la défense des Tuileries pendant la terrible journée du 10 août 1792.
    Il entre ensuite à l’école du génie de Mezières, d’où il sort en 1795 avec le brevet de capitaine.
    Sa fortune va se lier à celle du général Bonaparte qu’il suit en Italie avec le grade de chef de bataillon. Il est avec lui en Egypte où il dirige avec succès le siège d’Aboukir, où sa brillante conduite lui vaut les étoiles de général de brigade.
    En 1803, il est nommé inspecteur général du génie et commande les soldats de cette arme savante au camp de Saint-Omer.
    Cet officier, d’une rare compétence, ne manifeste pourtant aucune ambition particulière, ni passion excessive dans son emploi et dans ses rapports avec ses subordonnés ; il est calme, réfléchi et courtois ; c’est probablement pour toutes ces raisons que Napoléon l’incorpore au petit cercle privilégié de ses aides de camp. Ce qui ne l’empêche pas d’utiliser ses connaissances scientifiques pendant la campagne de 1805, notamment pour la prise des ponts de Vienne ; à Austerlitz, il se couvre de gloire, puis en 1806 il est l’artisan de la capitulation de la ville de Spandau, avant de rejoindre le corps du maréchal Lefèbvre à Dantzig ; on le retrouve à Friedland, où l’empereur le fait général de division et lui confie le commandement en chef du corps de génie de l’armée d’Allemagne.
    C’est lui encore qui avant la bataille de Wagram construit sur le Danube avec ses sapeurs, le grand pont de bateaux de 680 mètres, qui va permettre à la Grande Armée d’investir l’île Lobau et de passer sur la rive gauche du fleuve grâce à sept autres ponts sur lesquels foncent le corps d’armée de Masséna et la cavalerie du Maréchal Bessières.
    En 1812, il va remplacer Marmont comme gouverneur général des Provinces Illyriennes où les populations qu’il administre apprécient sa modestie, son équité, sa loyauté et sa générosité, tandis qu’il s’efforce du mieux qu’il peut à faire aimer à ses sujets le maître qu’il sert lui-même avec dévouement.
    Le 23 mai 1813, le général Duroc, grand Maréchal du Palais, est tué le lendemain de la bataille de Bautzen, Napoléon est très affecté par la mort de ce fidèle serviteur de l’Empire, et choisit pour le remplacer, un homme en qui il a entière confiance et dont la fidélité ne s’est jamais démentie, le général Bertrand, qui devient à son tour, Grand Maréchal du Palais, le 18 novembre 1813 et qui exercera cette fonction jusqu’à la mort de Napoléon.
    Pendant la campagne de Saxe, il est à la tête du 4ème corps qui s’illustre à Lutzen, et assure la retraite de l’armée, après la tragique « bataille des Nations » de Liepzig en octobre 1813 en tenant les ponts de Lindenau sur l’Elster. Mais le 19, le seul pont restant est détruit prématurément isolant 120 000 soldats français dont 15 000 resteront prisonniers des alliés.
    En 1814, il sert comme adjoint du major-général à Brienne Chapaubert et brille particulièrement à Montmirail, avant de partir pour l’Ile d’Elbe où il accompagne l’Empereur après la première abdication.
    On le retrouve aux Cent-jours, après avoir été fait Pair de France par Louis XVIII à la Restauration, et, à la chute de l’Empire, il est volontaire pour suivre Napoléon à Sainte-Hélène, où il le sert et l’assiste jusqu’à sa mort le 5 mai 1821.
    La duchesse d’Abrantes écrira à son sujet : « son dévouement à la personne de l’Empereur était extrême. Il avait le cœur ferme, une âme résolue, il aurait tout sacrifié, ses biens et sa vie pour sauver l’Empereur ».
    Il revient en France où le roi le confirme dans son grade et le nomme en 1830 commandant de l’école polytechnique ; l’année suivante, il est député de Châteauroux.
    En 1840 il fait partie du petit groupe des anciens compagnons de Napoléon, qui accompagne le prince de Joinville à Sainte-Hélène, pour rapatrier les cendres impériales et veiller à leur transport aux Invalides.
    Il meurt à Châteauroux le 31 janvier 1844, après avoir rédigé ses mémoires sous le titre des « cahiers de Sainte-Hélène ».

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  • Baron Percy

    BARON PIERRE PERCY

    Ce chirurgien est né en Franche-Comté en 1754. Nommé inspecteur général du service de santé des armées, il invente le corps mobile de secours aux blessés, avec un véhicule bizarre appelé Wurst, à cause de sa ressemblance à une saucisse. Il s'agissait en fait d'une remorque de cuir sur laquelle s'installaient quatre ou cinq membres du corps médical, médecins, chirurgiens et pharmaciens.
    Par la suite, il enseigna à la faculté de médecine, et fut élu à la Chambre des représentants.
    A Clamart, son nom a été donné à un hôpital militaire. Le service de santé fut crée en 1708 par Louis XIV, mais il faudra deux siècles pour qu’il puisse acquérir son indépendance d’action. La carence des commissaires des guerres, dont ce service dépendait réduisit le nombre des hôpitaux d’instruction. Les officiers de santé morts au combat, oblige à l’incorporation de personnel civil inapte à la médecine militaire.
    Percy, à Mariendbourg, voit un chirurgien opérer avec un couteau de cuisine et une scie d’artisan et s’écrie dans une colère noire « O calamité, administration détestable, le directeur de l’hôpital est digne d’être noyé ou pendu ! » Il faut bien dire que la révolution fermera les yeux sur les titres (ou l’absence de titres) de ces médicastres pris au hasard : étudiants en médecine ou « opérateurs » empiriques. A part les galeux qui étaient isolés de la troupe, les malades n’étaient pas pris en considération. L’absence de matériel approprié ne permettait pas le fonctionnement d’un service de santé, pratiquement inexistant.
    Les malades et les blessés étaient confiés aux hôpitaux dans les villes traversées par les armées, où l’on couchait les hommes par deux, et où trente hommes mouraient tous les jours faute de soins et de nourriture, car les infirmiers volaient la moitié des vivres. La paille était remplie de vermine et leurs effets personnels volés.
    De plus les épidémies règnent à l’état endémique, fièvres malignes ou putrides, choléra, typhus qui font plus de victimes que les combats.
    Percy intervint là encore, forme des infirmiers équipés d’un sac de matériel d’urgence et de brancards pliants, et obtint des chevaux pour les aides-major qui improvisent des ambulances dans des maisons abandonnées, éloignées du champ de bataille.
    Les meilleurs médecins et chirurgiens étaient affectés à la Garde Impériale aux ordres de Larrey, munis d’un matériel amélioré, mais l’ensemble des soldats et des blessés de la Grande Armée, furent le plus souvent soignés dans la mesure des ses moyens par le Baron Percy, décoré de la légion d’honneur en 1804, pour l’excellence des travaux à sa charge.

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  • Général Ségur

    Général Ségur

    Dès que l’on prononce le nom de Ségur, il vient à l’esprit de tout le monde, surtout parmi les plus anciens, la belle œuvre de la fameuse comtesse, Sophie Rostopchnie, fille du gouverneur de Moscou (qui avait épousé le comte Eugène de Ségur), qui écrivit pour ses petits-enfants des titres célèbres, tels que « les petites filles modèles », « les malheurs de Sophie », « les mémoires d’un âne », « le Général Dourakine » et « l’auberge de l’ange gardien » sans oublier « un bon petit diable ».
    Mais notre Philippe Paul comte de Ségur n’a rien à voir avec la littérature de sa parente célèbre. Il était le fils de Louis-Philippe Ségur d’Auguesseau.
    Il est engagé dans un régiment de hussards en 1800, où il est nommé rapidement sous-lieutenant. Impressionné par son courage au combat Mac-Donald le prend comme aide de camp.
    Poursuivant une carrière prometteuse, en 1802 il est pris comme aide de camp du général Beurnouville, c’est lui qui fait signer comme officier d’Etat-Major la capitulation d’Ulm, au général Mack. Ce qui lui valut les deux étoiles de général de brigade.
    Il ne quitte plus l’Etat-Major de la Grande Armée, et part pour Naples comme chef d’escadron du 13ème chasseurs où il se distingue au siège de Gaete, Joseph Bonaparte, son supérieur hiérarchique écrit à son sujet : «c’est un bon jeune homme et un excellent officier plein d’ardeur et de talent».
    Il est fait prisonnier par les Russes en mai 1807, alors qu’il est passé à la grande armée de Pologne et il est envoyé, blessé, à Moscou. Relâché en 1808, il est nommé au 6ème hussards, où il est blessé par deux fois à Somosierra. Mais il ne faudra pas oublier le conflit qui l’oppose à David, celui-ci prétendant organiser les étapes du sacre, alors que Ségur était grand maître des cérémonies. Il organisa une maquette de l’événement au moyen de petites poupées habillées comme elles le seraient à Notre-Dame, dans un atelier de six mètres sur neuf. Cette rivalité faillit les conduire au duel, mais finalement David exécutant son fameux tableau, fut félicité par l’Empereur et l’affaire en reste là, Ségur continuant à positionner ses figurines dans un ordre qui fut parfaitement respecté à Notre-Dame.
    Il est nommé adjudant-commandant et adjoint du Grand Maréchal du Palais à l’armée d’Allemagne. Il est envoyé en mission à Vienne et à Saint-Pétersbourg.
    Général de brigade en 1812, il est nommé gouverneur des pages en 1813. Pendant la campagne de France, il est commandant du 3ème régiment des gardes d’honneur, à Montmirail, puis à Reims où il est à nouveau blessé. A la Restauration, le roi Louis XVIII le fait Maréchal de Camp au corps royal d’Etat-Major où il dirige l’Etat-Major de la cavalerie. La monarchie revenue au pouvoir ne saurait se passer des meilleurs officiers de l’Empire, et le fait lieutenant général en 1831 et Pair de France, pour sa belle défense de la rive gauche de la Seine après la défaite de Waterloo.
    Il est mis en disponibilité, ce qui lui permet d’exercer ses talents d’historien :« Histoire de la Grande Armée » et ses mémoires qui seront réunies en un seul titre « Un aide de camp de Napoléon ».
    Courageux jusqu’à l’impétuosité, intelligent dans le combat, et grand observateur de toutes les campagnes impériales, il meurt à Paris le 25 février 1873.
    Parmi tous les héros de cette époque, il fut un des rares à posséder toutes les qualités citées dans ce texte qui en a forcément oublié quelques-unes.

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  • Général Marquis Montholon

    Charles–Tristan de MONTHOLON

    Né le 21 juillet 1783 à Paris.
    A la mort de son père il avait six ans, il fut adopté par son beau-père Charles-Louis Huguet de Sémonville.
    Le 7 octobre 1799 à seize ans, il fut nommé adjoint du génie par Championnet ; le 31 mai 1800, il fut promu lieutenant et détaché comme aide de camp du général Augereau, ce qui lui valut ses galons de capitaine le 3 novembre 1801.
    Le 12 mai 1803, il fut aide de camp de son beau-frère, le général Mac Donald.
    Montholon continua de servir dans les états-majors, le 11 septembre 1805, il fut affecté à celui de la Grande Armée. Il y obtint la Légion d’honneur le 14 mars 1806 et le grade de chef d’escadrons, le 9 janvier 1807.
    Le 13 mai 1809, il fut promu adjudant-commandant (lieutenant-colonel) et le 28 mai 1809, comte de Sémonville.
    Le 20 janvier 1812, Montholon quitta l’armée pour embrasser grandement la carrière diplomatique en devenant ministre plénipotentiaire auprès du grand-duc de Wurtzbourg.

    Après la campagne de Russie, on rappela tous les officiers non employés.
    Le 2 mars 1814, on lui donna le commandement du département de la Loire. Il se dirigea sur la Franche-Comté pour appuyer le maréchal Augereau et dut se replier sur Lyon et Roanne, puis sur Saint-Bonnet le-Château, où il se terra pendant quelques temps, coupé de ses troupes qui battaient la campagne.
    Après l’abdication de Napolèon, il remit son commandement au colonel Genty.
    Il gagna Fontainebleau le 20 avril, à temps pour y croiser l’Empereur qui partait pour l’île d’Elbe.
    Le 5 juin 1815, Montholon fut nommé général de brigade mais il resta sans affectation.
    Au retour de Waterloo, et bien qu’il ne fut plus chambellan, il se présenta à l’Elysée revêtu de l’habit écarlate à parements d’argent qu’il avait porté en 1810.
    Son dévouement lui permis de se trouver avec Napoléon sur le Bellérophon, le 31 juillet 1815, lorsque l’Empereur reçut lecture de la note du gouvernement britannique qui le condamnait à être détenu à Sainte-Hélène. Cette note précisait : « on laissera le général Buonaparte choisir trois officiers qui, avec son chirurgien, auront la permission de l’accompagner et ne pourront quitter l’île sans l’autorisation du gouvernement britannique.» Profondément abattu, Napoléon refusa obstinément de désigner les trois officiers qui l’accompagneraient à Sainte-Hélène. En définitive, il désigna les généraux Montholon, Bertrand et Gourgaud.
    Ce fut Montholon qui ferma les yeux à l’empereur.

    Montholon fit partie du comité national de soutien à Louis-Napoléon Bonaparte pour l’élection présidentielle de 1848 et, en mai 1849, il se fit élire à l’Assemblée législative dans le département de la Charente-Maritime.
    Il ne survécut pas longtemps à l’avènement du Second Empire : il mourut à Paris le 21 août 1853 âgé de soixante-dix ans.

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