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Gallé Lampes et vases
Émile Gallé est né à Nancy le 4 mai 1846. Il mourut dans la même ville le 23 septembre 1904. Enfant de l'Art et du Commerce, il est l'une des figures les plus marquantes des arts appliqués à son époque et l'un des pionniers de l'Art nouveau. Après des études secondaires à Nancy couronnées du Baccalauréat, il va en 1865 apprendre l'allemand à Weimar et y poursuit des études de minéralogie. C'est ensuite l'apprentissage des métiers du verre et de la céramique à Meisenthal. Son approche n'est pas simplement théorique et Émile ne craint pas de s'initier au soufflage. Il adjoint à cela de bonnes connaissances en ébénisterie et surtout la passion familiale pour les sciences naturelles et plus particulièrement pour les plantes qui l'amène au dessin. Gallé est moins connu pour son engagement social. Humaniste convaincu, il est un des fondateurs de l'Université populaire de Nancy et devient trésorier de la Ligue Française pour les Droits de l'Homme. Il condamne publiquement le génocide Arménien, défend les juifs de Roumanie et, malgré les risques commerciaux, est le premier à défendre publiquement Alfred Dreyfus. C'est fort improprement qu'on parle de l'oeuvre verrier d'Émile Gallé sous le nom de pâte de verre. Si Gallé connaissait cette technique, l'essentiel de sa production était soufflée, non pas en verre mais en cristal, c'est-à-dire avec adjonction de sels de plomb. A la paraison initiale de cristal, Gallé ajoutait des couches nouvelles colorées d'oxydes métalliques, des inclusions, avant de souffler la pièce de cristal, de la retravailler d'inclusions nouvelles, d'appliques, de feuille d'or ou d'argent. Au refroidissement, les différences de dilatation de ces couches étaient la cause d'accidents très fréquents, l'ouverture des fours révélant une casse impressionnante, qui faisaient la rareté des pièces réussies. Les notices que Gallé rédige pour les expositions de 1884 et 1889 montrent le foisonnement de son esprit de création. Les seules recherches de colorations nouvelles représentent plusieurs dizaines de références. A côté des verres blancs, Gallé met au point le verre «clair de lune» au ton saphir. Il apprécie également les tons enfumés. Issues de la halle de cristallerie, les pièces étaient alors retravaillées par gravure, à la roue pour les plus précieuses, à l'acide fluorhydrique pour les plus courantes. On dégageait ainsi un décor en camée, le plus souvent floral, rencontre heureuse des hasards du soufflage et du savoir faire des taillandiers.
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